Le quotidien
Aides aux devoirs : ce qui existe vraiment, du gratuit au payant, et comment choisir
22 août 2026

Notre aîné est entré en sixième cette année. Jusqu’en CM2, on gérait les devoirs en vingt minutes le soir. En septembre, on s’est retrouvés devant une page d’exercices de maths qu’on ne comprenait plus nous-mêmes. Les programmes ont changé, la méthode de division aussi, et notre crédibilité parentale a pris un coup.
On a passé trois mois à explorer tout ce qui existe en soutien scolaire. Voici ce qu’on a trouvé, classé par besoin réel, avec nos essais et les pièges qu’on a évités.
Les cinq canaux d’aide aux devoirs
L’aide intégrée à l’école (gratuit)
Deux dispositifs gratuits existent. D’abord, Devoirs faits, déployé dans tous les collèges publics : deux heures hebdomadaires dans l’emploi du temps, encadrées par des professeurs, des assistants d’éducation ou des volontaires du service civique. L’inscription est automatique en début d’année, mais si les places sont pleines, un appel au professeur principal suffit souvent à débloquer la situation.
En primaire, l’étude dirigée propose un à deux soirs par semaine après la classe. Le financement vient de la mairie : appelez-la directement, c’est elle qui décide des créneaux.
La limite : les places sont limitées et le suivi reste collectif. Pour un enfant qui a juste besoin d’un cadre, c’est parfait. Pour une difficulté installée, ça ne suffira pas.
Les associations de quartier et le CLAS (gratuit)
Le Contrat Local d’Accompagnement à la Scolarité finance des associations qui proposent du soutien gratuit, souvent le mercredi ou le samedi matin. Pour trouver celle près de chez vous, cherchez « CLAS » suivi de votre ville sur service-public.fr.
On a testé l’antenne de notre quartier pendant un trimestre : deux bénévoles pour huit enfants, ambiance détendue, goûter inclus. Résultat : parfait pour les devoirs légers (lecture, poésie, leçons), moins efficace en maths niveau collège. Le bénévole fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas un enseignant.
Le soutien en ligne gratuit
Trois ressources nous ont vraiment servi. Khan Academy en français propose des vidéos de cinq à huit minutes sur tout le programme de maths et sciences du collège au lycée. On l’utilise en « pré-explication » : notre fils regarde la vidéo avant l’exercice, et on n’a plus à lui expliquer la théorie qu’on ne maîtrise plus nous-mêmes.
Lumni (France Télévisions) propose des dossiers thématiques par niveau, très utiles pour les exposés. Le CNED propose « English for Schools », des exercices d’anglais gratuits du CP à la troisième.
La limite commune : aucune interactivité. L’enfant reçoit de l’information, mais personne ne vérifie s’il a compris. Pour un enfant qui décroche vraiment, ça reste un complément.
Les plateformes payantes par abonnement
Quand le gratuit ne suffit plus, l’abonnement mensuel devient une option abordable. Maxicours, à vingt euros par mois, donne accès à des vidéos et exercices corrigés du CP à la terminale. La formule illimitée couvre tous les niveaux : dans une fratrie, un seul abonnement suffit.
Acadomia Online propose des exercices interactifs avec un tuteur disponible six jours sur sept par chat, pour vingt à trente euros par mois. On a testé le mois gratuit : le tuteur répond en trois à cinq minutes. Le soir à vingt heures trente, quand l’exercice bloque, ce délai change tout.
Les deux plateformes proposent un mois d’essai gratuit. Testez avant de vous engager sur un an.
Le cours particulier à domicile
C’est le plus cher, et le plus efficace quand la situation l’exige. Comptez vingt à quarante euros de l’heure selon la matière et la région. Avec le crédit d’impôt services à la personne (cinquante pour cent), le coût net tombe à dix ou vingt euros de l’heure.
L’avantage : un suivi personnalisé, une relation de confiance qui s’installe. L’inconvénient : trouver le bon prof prend du temps. On en a essayé trois avant de trouver celle qui a accroché avec notre fils. Le premier était trop scolaire, le deuxième trop distant. La troisième a passé la première séance à le faire parler de ce qu’il aimait avant d’ouvrir un cahier. C’est elle qu’on a gardée.
Comment choisir : notre arbre de décision
Après trois mois à tester, on a dégagé quatre situations types.
| Situation | Solution recommandée | Budget |
|---|---|---|
| Besoin d’un cadre, pas de difficulté scolaire | Devoirs faits au collège ou CLAS en primaire | Gratuit |
| Blocage sur UNE matière | Khan Academy puis prof particulier 1 h/semaine | Gratuit puis 10 à 20 € net/h |
| Blocage sur PLUSIEURS matières | Maxicours ou Acadomia Online | 20 à 30 €/mois |
| Décrochage, phobie scolaire | Cours particuliers + psy-EN du collège | 10 à 20 € net/h + gratuit |
Le psy-EN, psychologue de l’Éducation nationale, est accessible gratuitement via l’établissement. Prenez rendez-vous sans attendre : dans certains secteurs, le délai peut atteindre deux mois.
Les pièges qu’on a évités
D’abord, l’abonnement annuel sans période d’essai. Maxicours et Acadomia Online proposent tous les deux un mois gratuit ou un engagement mensuel résiliable. Ne payez jamais une année complète sans avoir testé le service avec votre enfant pendant au moins deux semaines. Ce qui fonctionne sur le papier peut rebuter un enfant en pratique.
Ensuite, le professeur non déclaré. Le crédit d’impôt de cinquante pour cent suppose une déclaration via le CESU ou un organisme agréé. Un professeur payé de la main à la main vous prive de l’avantage fiscal et vous expose en cas de contrôle.
Enfin, le soutien qui remplace le parent. Un professeur deux soirs par semaine n’est pas une nounou. On a vu des parents déléguer la totalité du suivi scolaire, et l’enfant le sent. Notre règle après trois mois : on reste présents pendant les devoirs, même quand le professeur explique. On écoute, on apprend avec lui, et on garde notre place d’interlocuteur de référence.
FAQ
Mon enfant refuse d’aller à Devoirs faits, que faire ?
Ne forcez pas tout de suite. Proposez-lui d’y aller une fois, sans obligation de continuer, et demandez-lui de vous raconter comment ça s’est passé. Souvent, le refus vient de la peur d’être étiqueté « en difficulté » devant les copains. Devoirs faits concerne tous les élèves, pas seulement ceux qui peinent.
Khan Academy suffit-il pour progresser en maths ?
Pour comprendre une notion et s’entraîner en autonomie, oui. Pour combler un retard installé depuis plusieurs mois, non. Les vidéos expliquent le cours, mais elles ne détectent pas les erreurs de raisonnement. Si votre enfant bloque depuis plus d’un trimestre, une heure de cours particuliers par semaine fera plus que dix heures de vidéos.
À partir de quel âge un cours particulier est-il utile ?
Avant le CE2, un cours particulier ressemble surtout à de l’aide aux devoirs déguisée, et le coût n’est pas justifié. À partir du CM2 ou de la sixième, quand les notions deviennent trop techniques pour les parents, le cours particulier prend tout son sens. On a commencé en sixième, c’était le bon moment.
Comment savoir si le professeur est le bon ?
Observez la première séance. Un bon professeur ne commence pas par les exercices : il prend dix minutes pour parler avec l’enfant, comprendre ce qui coince, et lui demander ce qu’il aime en dehors de l’école. Si au bout de trois séances votre enfant ne va pas spontanément s’installer à table quand le professeur arrive, changez.
Liens
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- Notre méthode pour les révisions du brevet


