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Jeux a faire en famille

1 septembre 2026

Jeux a faire en famille

Un dimanche de janvier, il pleuvait. Les enfants, 5 et 9 ans, tournaient dans le salon. On avait sorti le énième jeu de société et au bout de six minutes, le petit était sous la table et la grande soupirait en regardant par la fenêtre. Ce jour-là, on s’est dit qu’il fallait changer quelque chose. Pas changer de jeu : changer la façon dont on jouait.

Ce qui nous a fait changer d’habitude

Avant, on pensait qu’un jeu en famille, c’était forcément un plateau, des règles et un gagnant. On sortait la boîte, on installait tout le monde, et on espérait que ça tienne une demi-heure. La plupart du temps, ça ne tenait pas. Le petit décrochait, la grande s’énervait, et nous, on ramassait les pions en se demandant ce qu’on avait raté.

Le déclic est venu d’un mercredi où on n’avait rien préparé. La grande avait commencé à inventer une histoire avec des figurines, le petit l’avait rejointe, et sans qu’on s’en rende compte, ils avaient joué ensemble pendant quarante minutes. Quarante minutes sans écran, sans conflit, sans intervention. Ce qu’on a compris, c’est que le jeu en famille ne commence pas par une boîte. Il commence par un moment où tout le monde est disponible, ensemble, sans attente précise. Le support vient après.

Le matériel, l’âge et la durée réelle

On a trié ce qui fonctionnait chez nous. Voici ce que ça donne.

Type de jeuÂge indicatifMatériel nécessaireDurée réelle constatée
Jeu d’imagination libre3 à 10 ansFigurines, déguisements, cartons20 à 45 minutes
Chasse au trésor maison4 à 12 ansPapier, crayons, petits objets du quotidien15 à 30 minutes
Jeu de société coopératif5 à 14 ansUn seul plateau, objectif commun20 à 35 minutes
Parcours moteur improvisé3 à 8 ansCoussins, chaises, couvertures10 à 20 minutes
Jeu de cartes simple4 à 10 ansUn jeu de 52 cartes10 à 15 minutes
Construction collective3 à 14 ansBriques, kapla, cubes en bois20 à 50 minutes

Ce tableau n’a rien de scientifique. Mais il nous a aidés à choisir le bon jeu au bon moment, selon l’énergie du jour. Les durées, ce sont les nôtres. Les vôtres seront probablement différentes.

Un point qui nous a surpris : les jeux les plus courts, ceux de dix à quinze minutes, génèrent le moins de frustration. On table désormais sur une durée réelle une fois et demie supérieure à celle annoncée sur la boîte.

Comment on s’y prend, étape par étape

Voici notre méthode, appliquée depuis six mois.

Choisir le moment, pas le jeu. On ne propose jamais un jeu quand l’un des enfants est fatigué ou affamé. Le bon créneau chez nous, c’est le milieu de matinée le week-end, ou juste après le goûter en semaine. Avant le bain, c’est mort.

Jauger l’énergie, pas l’âge. Certains jours, le petit de 5 ans tient une partie de jeu coopératif pendant vingt-cinq minutes. D’autres jours, il a besoin de bouger. On a arrêté de ranger les jeux par âge : on regarde l’état du moment.

Proposer deux choix, jamais plus. « Vous préférez une chasse au trésor ou un parcours dans le salon ? » Deux options, c’est assez pour donner l’impression de décider, pas assez pour créer un débat sans fin.

Accepter que ça dévie. La chasse au trésor peut se transformer en cabane. Le memory peut finir en bataille de cartes. On a appris à ne pas corriger. Le but, c’est qu’ils jouent ensemble. Le chemin compte plus que les règles.

Prévenir la fin. On l’annonce cinq minutes avant. « On range dans cinq minutes. » Ça évite l’effet couperet. Pour le petit, on utilise un réveil posé sur la table : il voit le temps défiler, et la transition est plus douce.

Ce qui fait que ça tient plus de dix minutes

On a identifié trois choses qui font la différence entre un jeu qui dure et un jeu qui capote.

La première, c’est l’absence de perdant. Les jeux coopératifs tiennent plus longtemps que les compétitifs. Le petit de 5 ans ne supporte pas de perdre, la grande de 9 ans ne supporte pas qu’on la laisse gagner. Avec un objectif commun, la dynamique change : on s’entraide, on s’énerve contre le jeu plutôt que contre son frère ou sa sœur.

La deuxième, c’est la part d’imprévu. Un jeu dont on connaît toutes les cartes ennuie tout le monde dès la deuxième partie. Les chasses au trésor qu’on invente nous-mêmes ont un taux de succès bien supérieur aux jeux du commerce. L’enfant ne sait pas ce qui l’attend, et nous non plus, puisqu’on a oublié où on a caché le troisième indice.

La troisième, c’est la présence réelle. Les parties où l’un de nous a le téléphone à portée de main durent deux fois moins longtemps. Les enfants le sentent. Ils n’ont pas besoin qu’on joue à leur place, ils ont besoin qu’on soit là.

Ce qu’on en retient au quotidien

Six mois après, on ne joue pas plus souvent qu’avant. Mais on joue mieux. On a arrêté de forcer, d’acheter des jeux en espérant que la boîte ferait le travail. On a compris que le meilleur jeu en famille, c’est celui qui commence sans qu’on s’en rende compte. Notre rôle n’est pas d’animer : on est des parents disponibles, c’est tout. Parfois on installe le matériel et on se retire. Parfois on participe. Parfois on regarde, en se disant que ce moment sans écran, sans planning, sans objectif, c’est déjà une victoire.

Le conseil qu’on donnerait, si vous deviez n’en retenir qu’un : commencez par cinq minutes. Pas une heure, pas une après-midi entière. Cinq minutes de jeu partagé, c’est mieux que zéro, et ça crée une habitude sans pression. Vous verrez ensuite si ça déborde.

FAQ

À partir de quel âge peut-on vraiment jouer en famille ?

On a commencé les jeux d’imitation et parcours moteurs vers 3 ans. Les jeux de société avec règles simples sont devenus possibles vers 4 ans et demi, avec une durée très courte au début. Ce qui compte, ce n’est pas l’âge exact : c’est la capacité de l’enfant à rester concentré sur une activité partagée, et ça varie énormément. Notre grande a tenu sa première partie complète de jeu coopératif à 5 ans pile. Le petit, à presque 6 ans.

Comment faire quand les enfants ont un écart d’âge important ?

Chez nous, 5 et 9 ans, quatre ans d’écart. Deux stratégies. Soit un jeu où chacun contribue à son niveau : en chasse au trésor, la grande lit les indices et le petit cherche. Soit deux temps courts : dix minutes avec le petit pendant que la grande lit, puis vingt minutes avec la grande. Parfois on tente le jeu commun et ça marche. On ne mise pas tout dessus.

Faut-il laisser gagner les plus jeunes ?

On a essayé, ça ne marche pas. Les enfants le sentent. Le petit ne développe pas sa tolérance à la frustration, le grand a l’impression que ses efforts ne comptent pas. Notre solution : privilégier les jeux coopératifs. Quand on joue à un jeu compétitif, on joue normalement. Le petit a perdu sa première bataille de cartes à 5 ans : il a pleuré trente secondes, puis il a demandé une revanche.

Comment intégrer un ado qui ne veut plus jouer ?

Notre nièce de 13 ans a traversé cette phase. Ce qui a fonctionné : ne pas appeler ça « un jeu ». On a proposé un escape game maison, avec des énigmes adaptées, sans le mot « jeu » dans l’invitation. Elle a accepté parce que ça ressemblait à un défi. Autre piste : lui confier la création des énigmes pour les plus jeunes. Le statut change tout.

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